• Chapitre 9 - Noah

    Je retiens mon souffle. Nous allons enfin avoir des informations supplémentaires. Nous l'invitons vers un endroit calme, pour pouvoir discuter tranquillement. Elle a l'air déstabilisé, certainement peu habituée à venir ici. Elle est assise sur une chaise et je m'installe en face d'elle, contrairement à mon collègue qui préfère rester debout. 

    -Alors, quelles sont tes informations ? Demandai-je calmement.
    -Je... je ne sais pas si cela pourra vous aider... Je ne suis pas très, très sûre. Dit-elle en baissant la tête. 
    -Tout ce que tu nous diras pourra nous aider. Affirmai-je 
    -Je... J'ai retrouvé des lettres... non, plutôt des photos... Elles étaient bien cachées. Nous informe-t-elle en commençant à fouiller dans son sac pour en extraire quelques photographies que je m'empresse de prendre dans mes mains pour les regarder. Dessus, il y a la première victime, et des traits rouge sang étaient dessinées autour de son cou. Je... je me souviens que pendant la journée avant qu'elle ne ... enfin voilà ... elle avait l'air perturbé. Continue-t-elle. Je ... pense qu'elle a dû les recevoir dans la journée. Surtout que ça n'arrêtait pas de sonner. Mais il n'y avait personne quand nous ouvrions la porte. 
    -Elle a donc reçu des menaces avant la nuit de sa mort. Dis-je à moi-même. Jeffrey, essaie de savoir si la deuxième victime a, elle aussi, reçu ce genre de photo. 
    -J'y cours. Me répond-t-il en s'éloignant pour aller à son bureau pour ensuite prendre possession de son téléphone. 
    -Est-ce que tu sais autre chose ? Je ne sais pas... N'aurais-tu pas vu quelqu'un qui te paraissait étrange durant cette journée ? Questionnai-je. 
    -Bah... Il y avait un homme, que j'ai vu de l'autre côté de la rue à chaque fois que ma mère ouvrait une enveloppe. Et aussi, il était là le lendemain, quand quelqu'un est venu pour nous dire que ma mère avait été tuée dans la nuit. Il avait l'air... bizarre. Surtout quand il souriait. On aurait dit qu'il était... satisfait. 
    -Est-ce que tu te souviens à quoi ressemblait cet homme ? 
    -A peu près oui. Il était blond, avec un mèche qui lui cachait les yeux. Il avait la peau légèrement métissée. Il devait faire environ 1m90 voir 1m95. Je ne sais pas trop... Et je crois qu'il avait une cicatrice sur une joue, ou plusieurs. Il était loin tout de même. Et je crois qu'il devait avoir à peu près ...la cinquantaine. 
    -Merci Tessa. 
    -J'espère que j'aurais pu vous aider. 
    -Tes informations nous aident beaucoup. Grâce à toi, nous avons une description d'un suspect. Ton père sait que tu es venue ici ? 
    -Non. Il est bien trop occupé pour savoir quoique ce soit de toute façon. 
    -Par contre, je dois garder ces photos. De toute façon, je doute que vous vouliez les garder, toi et ton père. 
    -Vous avez raison. Aussi, elle avait aussi reçu quelques lettres. Ajoute-t-elle me tenant une pochette contenant quelques lettres. 
    -Merci. Tu peux rentrer chez toi. Nous avons déjà tes coordonnées, si nous avons besoin de toi, nous t'appellerons. 
    -O..Ok. Au revoir. 
    -Au revoir. 

    Elle part pendant que je commence à lire ces lettres qui montrent bien les intentions de cet assassin. De plus, il raconte dans les détails ce qu'il a l'intention de lui faire subir. Cela m'étonne qu'elle n'ai pas immédiatement prévenu la police. Peut être qu'elle avait trop peur pour ça, ou peut être qu'elle pensait que c'était une blague de quelqu'un. Très mauvaise blague dans ce cas. Je me mets à réfléchir tout en m'enfonçant dans mon siège, les yeux rivés sur les lettres. 
    Mon meilleur ami ne tarde pas à me rejoindre. Je le regarde, espérant qu'il approche avec lui des informations. 

    -Alors ? Demandai-je. 
    -Alors, effectivement, d'après sa colocataire, elle aurait bien reçu des photos et des lettres de menaces aussi. Elle nous apporte ça tout de suite. 
    -Bien. Tessa m'a aussi fait une petite description d'un homme d'une cinquantaine d'années qu'il lui paraissait bizarre. 
    -Un peu vieux pour commettre ce genre de meurtres. Remarque-t-il. 
    -Il n'y a pas d'âge. Il doit être fort physiquement et cela doit lui suffire. 
    -Tu devrais faire attention pour Tania. Me dit avec sérieux Jeffrey. Si elle commence à recevoir ce genre de truc, c'est mauvais signe pour elle. 
    -Oui. Confirmai-je. Mais la connaissant, je doute qu'elle me dise quoique ce soit. Il va falloir que je me montre vigilant. Je vais retourner chez moi, pour surveiller les alentours. 
    -Oui. Au fait, tu n'es pas très curieux mon gros. Ajoute-t-il pendant que je me lève et que je remet mon manteau. Pendant que tu finissais ta conversation avec cette adolescente, j'ai fait une petite recherche sur Tania. Ce qu'on y trouve est très... intéressant. 
    -Je n'ai pas le temps de regarder. Lui répondai-je. Envoie moi le site par mail, j'irai voir plus tard. 
    -Pas de problème. A plus tard peut être. 
    -A plus tard. 

    Et je me dépêche de sortir et de monter dans ma voiture. J'essaie d'arriver le plus vite possible chez moi, respectant tout de même les limitations de vitesses. En un peu plus de cinq minutes, je me gare devant ma maison et j'entre rapidement dedans. J'appelle le nom de Tania mais pas de réponse. Je vais dans la chambre d'ami et je découvre, éparpillées sur le lit, une dizaines de photographies et deux lettres. Je n'ose pas jeter de coup d'œil aux lettres, par contre, certaines images m'intriguent. Non seulement il y a des photos où je peux voir Tania dessus avec des traits rouges autour de son cou, mais aussi des images de deux corps, gisant dans leur sang. Je reconnais facilement la femme et l'homme que j'ai vu sur deux photos appartenant à Tania. Ses parents seraient-ils donc assassinés tous les deux ? Soudain, on sonne à la porte. Je me dépêche de descendre les escaliers, manquant de tomber plusieurs fois et j'ouvre brusquement la porte d'entrée. Personne. Mon regard se baisse et je vois une enveloppe à mes pieds, avec le nom de Tania écrit dessus. Je la prends, je referme la porte. J'ouvre l'enveloppe et je vois des photos, de plusieurs personnes baignant dans leur sang et un message est joint à ces images. 

    « Tu te souviens Tania Garyl ? Bien sûr que tu te souviens. Comment tu pourrais oublier comment tu es seule maintenant ? Mais ne t'inquiète pas, bientôt, tu les rejoindras. 
    Signé : Ton pire cauchemar. » 

    Je me pose de plus en plus de questions. Qui sont tous ces gens ? Qui étaient-ils pour Tania ? Et pourquoi ce tueur s'acharne-t-il sur elle ? Il faut absolument que je la retrouve, et que je sache exactement ce qu'il lui est arrivé. Je me précipite à l'extérieur, prenant bien soin de fermer la porte derrière moi, et je me mets à courir dans les rues, cherchant désespérément la jeune femme. Je ne sais pas dans quel état je vais la trouver, mais, il n'est plus question d'être patient ou non. Les deux précédentes victimes sont mortes le soir même après qu'elle ait reçu les menaces de mort. Il est donc fort probable que l'assassin s'attaque à elle durant la nuit. Ce qui n'est guère réjouissant. Il faut absolument que j'empêche ce futur meurtre. Il ne faut pas qu'elle meure sans avoir vu qu'il y a toujours ne serait-ce qu'une lueur d'espoir dans la vie et qu'elle peut s'en sortir. Il faut qu'elle s'en rendre compte, il le faut. 
    Je cours, je cours. Sans m'arrêter. Je la cherche, partout. Sans la trouver. Je commence à prendre peur. Mais où est-elle ? Je finis par sortir de la ville. J'arrive sur une colline. Au loin, j'aperçois une silhouette qui me paraît familière. Je soupire de soulagement, bien que je suis essoufflé. J'avance vers elle. Rapidement, je sais que c'est bien Tania qui se trouve là, que je l'ai enfin retrouvée. 
    -Tania. Je dis dans un souffle une fois que je suis arrivé à sa hauteur. 

    Elle sursaute. Et elle se lève précipitamment tout en essuyant ses joues et ses yeux. Elle pleurait, je n'ai aucun doute là-dessus. Une fois en face de moi, elle me jette un regard noir. 

    -Que faites-vous ici ? Me demande-t-elle sur un ton froid. 
    -Je vous cherchais. 
    -Pourquoi ? 
    -Une adolescente nous a appris beaucoup de chose. Et je me suis précipité chez moi pour m'assurer que vous n'aviez rien. Et en entrant dans la chambre, j'ai découvert que vous avez reçu des menaces. Les photos m'ont beaucoup intrigué. Tania, que vous est-il arrivé ? 
    -En quoi ça vous regarde ! 
    -J'ai vu ces photos Tania, je les ai vu. J'ai vu vos parents baignant dans leur sang. Et plein de personnes qui étaient dans le même état ! C'était des proches à vous n'est-ce pas ? Que s'est-il passé ? Que vous est-il arrivé ? Pourquoi cet assassin s'acharne sur vous ? 
    -Ce ne sont pas vos affaires ! 
    -Tania, toutes les victimes sont mortes le soir même où elles ont reçu les menaces. Cela indique donc que ce soir, vous allez être en danger. Mais je dois savoir. Je dois savoir ce qui vous est arrivé. Je veux juste vous aider Tania. Et vous sauver des griffes de ce meurtrier.
    -Je n'ai pas besoin d'aide ! 
    -Vous mentez Tania, vous mentez. 
    -Je ne veux pas d'aide ! Surtout votre aide ! Personne ne peut m'aider ! Personne ! Vous comprenez ? Personne !! 
    -Ne dites pas ça. Je suis certain que je pourrais vous aider. Seulement, il faut me dire ce qui vous est arrivé. 
    -Je refuse ! 
    -S'il vous plait. 
    -Non ! 
    -Pourquoi ? Vous voulez souffrir éternellement ? Ne jamais voir la lueur d'espoir qui est à l'autre bout du tunnel ? La main que je vous tends pour vous aider à vous en sortir ? Pourquoi Tania, pourquoi ? 
    -Vous voulez savoir pourquoi ? Vous voulez vraiment savoir pourquoi ? Hurle-t-elle, agacée et aussi désespérée. Le jour de mes 6 ans, ma mère est morte, égorgée devant mes yeux ! En pleine nuit, j'avais soif et je me suis donc levée ! J'ai entendu du bruit et là, j'ai vu ce sale type tué ma mère ! J'ai hurlé comme une dingue ! Ca a réveillé mon père qui a poursuivit l'assassin ! Moi, j'avais les yeux rivés sur le corps de ma mère gisant dans son sang ! Quel beau cadeau d'anniversaire n'est-ce pas ? Quoi de plus traumatisant pour une gamine de 6 ans ! Dix ans plus tard, le jour de mes 16 ans, je revenais des cours et en entrant dans le salon j'ai vu mon père tombé au sol, égorgé, et le meurtrier le regardait, un sourire satisfait sur les lèvres ! J'ai crié, hurlé ! Il s'est approché de moi, m'a plaqué contre le mur tout en me tenant fermement par le cou ! Il m'a dit qu'il ne laissait jamais de témoin ! Jamais ! Sur le coup, j'ai bien cru qu'il allait me tuer ! Mais j'ai eu un bon réflexe, qu'il l'a bien senti passé ! Je suis ensuite partie en courant pour me réfugier chez l'un de mes amis ! Dix autres années ce sont passé depuis ce jour ! J'avais un travail, des amis, le peu de famille que j'avais était unie, un fiancé ! J'avais tout pour être heureuse ! Tout ! Sauf qu'au fil des jours, ils sont morts. Pas tous en même temps ! Quelques uns par semaine ! Et il prenait un malin plaisir d'envoyer des photos ! Ils les a tous tués tous ! Mon fiancé qui a été longtemps mon meilleur ami ! Ma meilleure amie toujours là quand il le fallait est morte ensuite ! Puis ma tante ! Ma cousine ! Son fils ! Et le dernier de mes proches qui est mort, mon frère jumeau ! Le seul qui pouvait vraiment me comprendre ! Ce satané assassin m'a tout pris ! Tout ! Absolument tout ! Je n'ai plus rien ! Strictement rien ! Vous vous souvenez quand vous m'aviez demandée pourquoi je n'étais pas auprès de mes proches et qu'ils devaient s'inquiéter pour moi ? Et bah vous l'avez votre réponse ! Parce qu'ils sont morts ! Ils sont tous morts ! Tous ! A partir de ce jour, j'ai tout vendu ! Tout ce que je possédais ! J'ai quitté mon travail et je suis partie ! Je savais qu'il me poursuivais ! Je savais qu'il voulait me tuer parce que je suis un témoin gênant pour lui ! Et d'ailleurs je peux le dire au présent ! Je sais qu'il me poursuit. Je sais qu'il veut me tuer parce que je suis un témoin gênant pour lui ! Je suis seule maintenant ! Je n'ai plus personne sur qui compter ! Et maintenant, je me dis à quoi bon s'il me tue ! Il va me rendre un sacré service ! Vu que je ne suis pas capable de mettre fin à mes jours moi-même ! Je suis seule ! Seule ! Seule ! SEULE ! 

    Sa voix s'était brisée à la fin de son long monologue. Et pendant son discours, les larmes ont commencé –ou plutôt recommencé- à couler sur ses joues. 
    Elle tombe à genoux sur le sol et elle laisse libre court à son chagrin, à son désespoir. Mon cœur se fend en deux, tellement qu'une telle tristesse me touche. Je ne m'attendais pas à ce qui lui était arrivé soit aussi terrible. Je me mis à mon tour à genoux sur le sol et je la prends dans mes bras. Elle semble surprise, mais néanmoins réticente. Mais je ne m'éloigne pas. Mes bras l'entoure toujours. 

    -Tu n'es plus seule Tania, lui murmurai-je calmement, en me mettant à la tutoyer. Parce que je suis là pour t'aider. Pour t'aider à remonter la pente et à sourire à nouveau à la vie. Pour t'aider à toujours garder espoir. Je ne te laisserai pas t'enfoncer encore plus dans le gouffre. Tu mérites d'être heureuse Tania, tu le mérites. Et de là où ils sont, je sais que tous ceux qui ont été contraints de te laisser n'auraient jamais voulu te voir dans cet état. Il voudrait que tu arrives à te relever et à être heureuse à nouveau. Ce sera dur certes, je l'admets. Mais je serai là pour t'aider. Tu peux compter sur moi Tania, tu pourras toujours compter sur moi. 
    -Arezki. Me souffle-t-elle soudain, entre deux sanglots, sa tête posée contre mon torse. 
    -Pardon ? 
    -Arezki. Le meurtrier. Il s'appelle Arezki. 
    -Arezki... Répètai-je songeur. Connais-tu son nom de famille ?
    -Non. Juste son prénom. Me répond-t-elle en se calmant même si les larmes continuent de couler sur ses joues. Et je sais aussi à quoi il ressemble, bien sûr. 
    -Oui. Mais quelque chose m'intrigue... Tu n'as jamais dit à personne tout ce que tu savais sur l'assassin de tes proches au moment des enquêtes ? 
    -Bien sûr que si ! Me crie-t-elle. Mais ils ont dit que j'étais encore sous le choc et que je disais n'importe quoi ! Tout ça à cause du prénom ! 
    -Quelle bande d'incapables ! Je sais que le prénom Arezki est rare, très rare même, mais quand même ! Ce n'est pas une raison ! Mais ne t'inquiète pas Tania, repris-je d'une voix plus calme, moi je te crois et je ferai tout mon possible pour qu'il ait ce qu'il mérite. 
    -M...Merci. 

    Nous restons assis sur le sol, Tania pleurant dans mes bras, pendant encore un moment. Je ne sais pas combien de temps, mais je ne montre aucun signe d'impatience. Le temps passe, et plus aucune larme n'inonde son visage. Je me relève et je l'aide à en faire de même. Nous montons ensuite dans sa voiture et je l'amène sur mon lieu de travail. En voyant le bâtiment au loin, elle me regarde. Elle paraît intriguée. 

    -C'est là où tu travailles non ? 
    -Oui. 
    -Pourquoi tu m'emmènes là-bas ? 
    -Parce que je dois prendre ta déposition. Mais ne t'inquiète pas, nous n'y resterons pas longtemps. J'ai conscience que tu as besoin de calme. 

    Elle ne me répond rien. Un silence règne dans la voiture. Je n'ose pas le briser, de toute façon, je n'ai rien à dire pour le moment. Mais quelque chose devrait, peut-être, me surprendre, bien que ce ne soit pas le cas. Elle n'a pas riposté quand elle a su où je me dirigeais. Peut-être parce qu'elle est fatiguée de se battre tout le temps, qu'elle n'en a plus la force. Peut-être veut-elle laisser couler les choses et attendre de voir ce que va lui réserver la suite. Peut-être. Je ne peux que supposer, je ne suis pas dans sa tête. 
    Je me gare devant le bâtiment et j'aide Tania à sortir du véhicule. Je l'entraîne à l'intérieur et je lui propose de s'installer sur un siège en face de mon bureau, chose qu'elle fait sans protester, sans rien dire. Jeffrey est au téléphone mais je peux lire dans ses yeux qu'il est entrain de se demander si la jeune femme est bien Tania, la prochaine victime. J'acquiesce d'un signe de tête et il se re-concentre sur sa conversation. Je me mets à écrire tout ce que m'a raconté Tania dans le dossier et sur l'ordinateur. Puis mon attention se tourne à nouveau vers elle pour lui demander : 

    -Peux-tu me faire une description la plus précise possible de ce Arezki ? 
    -Il est grand, 1m90 environ. Il est blond avec des yeux marrons. Il a un visage allongé et au dernière nouvelle il a un pierçing sur la lèvre inférieur. Oui, je sais, c'est étonnant pour son âge. Il a un tatouage au niveau de l'épaule gauche. Il a aussi une cicatrice sur la joue droite et une autre sur son nez, plus petite que l'autre. Il a la peau métissée. Il doit avoir la cinquantaine aujourd'hui, je crois. Je... Je ne sais pas quoi dire d'autre. Dans ma tête son image est clair. Mais tout ressortir avec des mots ... 
    -Ce n'est pas grave. Affirmai-je. C'est déjà très bien. Beaucoup plus précise que la première description. 
    -Tant ... mieux. 

    Je recopie la description de Tania dans le dossier. Je ne sais pas quoi ajouter. Quand je jette un coup d'œil vers elle, cette dernière semble perdue dans ses pensées. Je n'ose pas lui parler, ce qui provoquerait son retour à la réalité. Je préfère qu'elle reste encore un peu dans son monde avant de devoir revenir à la dure réalité. 

    -Noah, c'est donc elle Tania je présume ? Me demande soudain Jeffrey, un large sourire aux lèvres. 

    Je sursaute, surpris qu'il est déjà terminé sa conversation téléphonique et Tania a la même réaction que moi. Je soupire à cette constatation et je jette un regard noir en direction de mon collègue. Il hausse un sourcil, intrigué. 

    -Quoi ? Pourquoi tu me regardes comme ça ? J'ai dis quelque chose qu'il ne fallait pas ? Me lance-t-il ne comprenant visiblement pas. 

    Je me lève et entraîne mon meilleur ami plus loin, après avoir promis à Tania que je n'en avais pas pour longtemps. Une fois isolé dans les toilettes pour homme, Jeffrey ne manque pas de vouloir faire de l'humour, bien que ce ne soit pas vraiment le moment. 

    -Parler dans les toilettes qui puent... Charmant... Tu n'aurais pas pire ? C'est ton truc en ce moment les toilettes. 
    -Ce n'est pas vraiment le moment de débattre sur l'odeur tu sais, répliquai-je, sachant bien de quoi il veut parler. Et si tu parles de la semaine dernière, sache que les toilettes sont les seuls endroits où on peut parler tranquille sans être écouté. 
    -Je veux bien te croire. Sinon, pourquoi m'as-tu jeté un regard noir ? Je n'ai rien dit de mal pourtant ! 
    -Pour répondre à ta question de tout à l'heure oui c'est bien Tania. Mais au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, elle ne va pas bien du tout et elle était perdue dans ses pensées, donc dans son monde. Et toi, tu l'as ramenée à la réalité ! 
    -Ouais... Et ? 
    -Et dans son cas, quitter la réalité ne serait-ce quelques minutes ne lui fait pas de mal. Bien au contraire ! 
    -C'est juste pour ça ! C'est pas bien grave ! S'exclame-t-il en haussant les épaules. 

    Je soupire en levant les yeux au ciel. Mon collègue n'est pas croyable ! C'est à se demander s'il est vraiment père de deux enfants. J'espère pour eux d'ailleurs qu'ils hériteront du caractère de leur mère. Je croise les bras et respire un grand coup pour garder mon calme. Ca ne servirait à rien que je m'énerve et puis, j'ai promis à Tania que je ne mettrai pas longtemps à revenir. 

    -Laisse tomber, tu ne comprends rien. Je soupire en sortant des toilettes. 

    J'ai beau me dépêcher, il me rattrape rapidement. Je soupire mais j'accepte tout de même de l'écouter, juste pour bien lui montrer que je suis bien plus mature que lui, que dans ma tête, j'ai bien 30ans. 

    -Quoi ? 
    -Excuses moi. Me dit-il. Ne t'inquiète pas, j'ai compris ton regard noir de tout à l'heure. 
    -Alors pourquoi ces réflexions ? 
    -Pour te détendre ! T'es complètement sur les nerfs depuis le début de l'enquête ! Surtout depuis que tu as rencontré Tania d'ailleurs. 

    J'hausse un sourcil, intrigué par ses propos. Qu'est-ce qu'il entend quand il dit que je suis sur les nerfs depuis le début de l'enquête et plus particulièrement depuis que j'ai rencontré Tania ? Je me posais beaucoup de questions sur cette femme et sur le mystère qui l'entourait. Peut être qu'il me trouvait « sur les nerfs » parce qu'à chaque fois qu'il me parlait, il me dérangeait dans mes réflexions ? Peut être. A vrai dire, je n'en ai aucune idée. Je lui fais part de mon hypothèse auquel il répond par un « sans doute ». Je le laisse et je me dépêche de rejoindre Tania que j'ai laissé seule à mon bureau. J'arrive vers elle, et cette dernière à l'air perdue dans ses pensées. Je la sors doucement de son monde, à regret, pour lui dire que je la ramène chez moi. Elle ne me répond rien et se lève. Nous montons dans la voiture et je conduis jusqu'à ma maison. Un silence total règne dans la voiture. Je suis concentré sur la route et Tania regarde le paysage par la fenêtre, pensive. 

    -Tu ne pourras rien faire. Murmure-t-elle à un moment. 
    -Pardon ? M'exclamai-je. 
    -Tu ne pourras rien faire. Il m'aura. Il a toujours sa cible. 
    -Ne dis pas ça, je te protégerai et il ne mettra pas la main sur toi.
    -Tu veux, mais tu n'y arriveras pas. Il est malin. Il a toujours ce qu'il veut. Continue-t-elle à murmurer. 

    Je jette un coup d'œil vers elle, inquiet. Pense-t-elle donc à ça depuis un moment ? Pense-t-elle que sa fin est proche ? Qu'il aura sa peau ? Non ! Elle se trompe. Parce que j'empêcherai ce Arezki de lui faire du mal !

     Je m'en fais le serment.

     


  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :