• Chapitre 8 - Noah

    Je suis dans ma voiture et un rapide coup d'œil à l'heure m'indique qu'il est actuellement 12h35. Je ne devrais plus tarder à arriver chez moi. J'espère qu'il ne s'est rien passé du côté de Tania. Enfin, je verrai, bien que je doute qu'elle me dise quoique ce soit s'il lui était arrivé quelque chose durant la matinée. 
    N'empêche, quand j'ai vu qu'il était l'heure de la pause déjeuner, je n'ai pu cacher mon soulagement. Comme je l'ai prévu, Jeffrey, un collègue et ami, n'a cessé de se moquer, de lancer des plaisanteries diverses et variées quand je lui ai dit que j'héberge actuellement Tania, notre future victime qui sait plus de chose qu'il n'y paraît. Sauf que sa comédie a duré toute la matinée, m'empêchant ainsi de me concentrer sur l'enquête en cours. Jeffrey est bien gentil et toujours disponible en cas de pépin, mais quand il le veut, il peut se montrer lourd, très lourd. Décidément, la paternité n'a eu aucun effet sur lui, et c'est bien dommage. Et rien que l'idée de devoir supporter le même cirque cette après-midi ne me réjouit guère, mais il va bien falloir que je fasse avec. Je dois impérativement résoudre mon enquête. Déjà parce que je sais que les habitants de cette ville commence à ne plus se sentir en sécurité. Et je les comprends parfaitement. Aussi, peut être qu'en la résolvant, le mystère qui entoure une certaine jeune femme brune aux yeux bleus disparaîtra. Et ainsi, je saurai tout de son passé et je pourrai ainsi l'aider. Mais je doute que ce soit pour toute suite. Elle ne me dira rien, préférant sans doute préserver son secret. D'ailleurs, pourquoi veut-elle ne rien dire ? Ne veut-elle pas être aidée, pour ensuite aller mieux ? Et dans ce cas, pourquoi ? Cette femme fait décidément bien travailler mon esprit. Je me pose tellement de questions sur elle ! Comment faire pour qu'elle se confie à moi ? Elle n'a pas un caractère facile, sans doute pour éviter que je perce sa carapace qu'elle a durement forgé pour se protéger. Pourtant, je ne lui veux aucun mal. Je veux juste la comprendre, savoir pourquoi tant de tristesse et de désespoir se lisent dans son regard océan. Et je veux pouvoir l'aider, pour que ces sentiments disparaissent, ou du moins, soit atténués. Car personne ne mérite de souffrir autant. Personne. Je soupire en me garant devant chez moi. Je sors de ma voiture et je m'avance vers l'entrée de ma maison. J'entre et je signale ma présence à Tania que je ne vois pas. Elle n'est pas sortie, je viens de l'entendre m'adresser un « ouais ». Au son de sa voix, je pense qu'elle est à l'étage, dans la chambre d'ami. Je ne sais pas ce qu'elle est entrain de faire, de ce qu'elle a fait de sa matinée et je ne veux pas le savoir. De toute façon, je doute qu'elle me réponde. Je pose mon manteau sur le porte-manteau, et je me dirige vers la cuisine, pour préparer le déjeuner. J'ouvre le frigo, je cherche quelques ingrédients et je commence ma préparation. C'est un plat tout simple, steak et haricots verts. Je ne suis pas très doué en cuisine, alors j'évite tout ce qui est trop compliqué à mon goût. Une fois que c'est prêt, j'appelle Tania et je m'installe à table et je l'attends. Je l'entends descendre les marches de l'escalier, tout en soupirant. Elle arrive dans la pièce d'un pas lent et elle s'assoit et elle commence à manger après avoir grommeler un « bon appétit ». Je fronce les sourcils tout en commençant à manger à mon tour. 

    -Quelque chose vous tracasse ? Demandai-je, intrigué par son comportement. 
    -Non. Me répond-t-elle d'un ton sec voulant dire qu'il vaut mieux que je ne poursuive pas la conversation. 

    Visiblement, elle n'est pas de bonne humeur. Pas du tout même. Je préfère ne pas insister et le reste du déjeuner se passe dans le silence. Une fois le repas terminé, Tania retourne à l'étage, dans la chambre d'ami. Je soupire de lassitude. Après avoir mis les assiettes dans le lave-vaisselle, je sors de chez moi, tout en annonçant à la femme que j'héberge que je retourne travailler. Elle ne répond pas. J'hausse les épaules et referme la porte derrière moi. Je monte dans ma voiture et je retourne sur mon lieu de travail, appréhendant déjà les futures plaisanteries de mon cher collègue. Une fois arrivé, je me dirige directement vers mon bureau. Pas de chance, sur le chemin, je croise Jeffrey, qui me regarde avec son fameux air moqueur. Je lève les yeux au ciel et je m'installe. J'ouvre le dossier concernant l'enquête et je ne prête aucune attention à mon meilleur ami. Celui-ci ne tardera pas à me faire la conversation. 

    -Alors, bien mangé, avec Tania ? Me demande-t-il, tout en insistant bien sur les deux derniers mots, le ton accompagné par son sourire éternellement moqueur. 
    -Dans un silence de mort, oui. Répondis-je, sans lever mon regard du dossier. 
    -Que tu dois être triste ! 
    -Pas spécialement non. On s'habitue à son caractère. 
    -La bonne excuse ! 
    -Il y a des fois où je me demande si tu es vraiment père de famille, lui dis-je, un sourire fier apparaissant sur mon visage. 
    -Tu les as vu mes gosses. Me répond-t-il. Alors oui, je suis bien père de deux enfants. 
    -Je sais. Mais tu dois bien voir ce que je veux dire. 
    -Je pense oui. 
    -Je l'héberge juste, lui dis-je, pour la énième fois de la journée. Et rien d'autre. Et j'ai la sensation qu'elle en sait plus que l'on pense sur notre assassin. 
    -Pourquoi tu ne l'interroges pas ? 
    -Elle ne dirait rien, affirmai-je, commençant à la connaître. Elle est bien trop mystérieuse et méfiante pour me dire quoique ce soit. Il faut que j'attende. Je n'ai pas le choix. 
    -J'aimerai bien la rencontrer. M'avoue Jeffrey. Rien que pour voir la tête de celle qui arrive à faire marcher tes neurones au point de les mettre en surchauffe. 
    -Tu essaies de faire l'humour ? 
    -Pas spécialement. 
    -Tant mieux. Parce que sinon, j'aurai dit que nous n'avions pas du tout le même sens de l'humour. 
    -Je m'en doute. 
    -Agent Vitmann ! Agent Teller ! S'écrie soudain un autre collègue, que j'identifie être Tom, qui est là depuis 3 mois environ. 
    -Qu'est-ce qui se passe ? Demandai-je, intrigué. 
    -Il y a une jeune fille qui désire vous voir. Nous annonce-t-il. C'est à propos de l'enquête. 
    -Elle est où ? 
    -A l'entrée. Elle vous attend. 
    -J'y vais. Tu viens avec moi Jeff ? 
    -Evidemment. 

    Nous nous dirigeons immédiatement vers le lieu que Tom nous avait désigné. Une adolescente d'environ 16 ans est là, apparemment un peu perdue à cause du monde qu'il y a dans la pièce. Elle n'est pas bien grande, environ 1m60. Elle a des cheveux châtains et raides et des yeux verts. Je me dirige vers elle, suivit de près par mon meilleur ami. 

    -Je suis l'agent Noah Vitmann. Me présentai-je. Et voici l'agent Jeffrey Teller, en désignant mon collègue. 
    -Je ... Je m'appelle Tessa Sherman. Nous répond-t-elle d'un ton hésitant, ses bras tenant fermement son sac contre elle. Je... je suis la fille de la première victime. Je... je pense que j'ai des informations pour vous.


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