• Chapitre 1 - Tania

    J'avance droit devant moi. Sans vraiment regarder où je vais. Je ne connais pas l'endroit, c'est la première fois que j'y mets les pieds. Il fait sombre. Normal, la nuit est tombée depuis longtemps maintenant. Il doit être dans les environs d'une heure du matin. Un vent froid s'abat sur mon visage, faisant voler mes longs cheveux bruns, bien attachés en queue de cheval et bien lisse, pour changer à d'habitude. Je m'emmitoufle un peu plus dans mon manteau et mon écharpe. Je remarque qu'il n'y a personne, pas un chat qui traîne. Je trouve ce lieu sinistre, je devrais peut être songer à me stabiliser ici, si seulement je n'étais pas poursuivie par mon stupide passé. Petit à petit, j'arrive à voir une grande bâtisse. Sans faire attention au nom de l'endroit, je rentre à l'intérieur. Cela ressemble en tout point à un bar. Super ! C'est ce que je cherchais justement. Je m'installe doucement au comptoir. Les hommes présents dans la salle me fixent bizarrement, après avoir interrompu leurs discussions qui étaient, il y a quelques minutes, en cours. J'ai bien l'impression que mon entrée en ce lieu perturbe, un peu, beaucoup, leurs habitudes. Comme tout, je m'en fiche royalement. Je fais encore ce que je veux. Le barman se dirige vers moi. Je lève les yeux vers lui. Je le trouve petit et bouffi. Il porte une chemise blanche, un pantalon noir et un tablier de la même couleur.

    -Bonsoir ma p'tite dame. Je vous sers quelque chose ? Me dit-il d'un ton qui se veux joyeux.
    -Un whisky coca s'il vous plait. Répondis-je sans rien ajouter de plus.

    Mon air las dû le dissuader de me faire davantage la discussion car il partit directement préparer ma commande, alors qu'il est plutôt du genre à parler avec les clients. Sage décision mon petit monsieur, sinon vous auriez du supporter mon sale caractère et mes tons froids à répétitions, montrant bien que je n'ai aucune envie de faire connaissance avec qui que ce soit. Ma solitude me perdra ! Et personnellement, je n'attends que ça. Le barman pose mon verre en face de moi et je le paye. Je fixe le contenu de ma commande sans vraiment le regarder avant de finalement le prendre pour boire le liquide cul sec. Je n'ai pas envie de m'éterniser dans un lieu bondé. Je repose mon verre et je sors de ce bar. Je continue d'avancer dans les rues, essayant tant bien que mal de retrouver le motel où je vais séjourner pendant quelques jours. Mon sens de l'orientation est mis à rude épreuve mais au bout de quelques minutes d'errance dans les rues sombres et très peu rassurantes, je finis par atterrir devant un bâtiment miteux de trois étages dont le « m » de « motel » n'est pas éclairé, contrairement aux autres lettres. Mon cerveau ne doit pas bien fonctionner pour je décide de rester dans ce lieu pour l'affaire de quelques jours. Mais si je tombe malade, ce n'est pas ça qui m'empêchera de partir d'ici trois jours, quatre grand maximum. J'entre à l'intérieur et monte les escaliers d'un pas lent, tellement lent qu'un escargot pourrait me dépasser sans aucun effort nécessaire. J'exagère peut être, sans doute même, mais ce n'a aucune importance car c'est ce que je pense de ma lenteur à monter quelques marches pour aller dans ma chambre de motel. Je finis quand même par y arriver. J'ouvre la porte et entre dans une petite pièce sombre. Je n'allume pas la lumière, par flemme je dois l'avouer. Je referme la porte derrière moi. Je cherche le lit et finis par m'affaler de tout mon long dessus. Je passe mes bras derrière ma tête et je soupire. Je regarde les étoiles par la fenêtre. C'est une belle nuit, je trouve. Au moins une chose que je trouve jolie dans ce monde. Je sens que mes yeux se ferment petit à petit. Il est vrai que je suis fatiguée, notamment à cause de la route pour venir jusqu'ici. La journée a été longue. De toute façon, elles sont toutes aussi longues les unes comme les autres. Et ce n'est pas demain la veille que ça va changer d'ailleurs. Finalement, je finis par m'endormir, sombrant dans un sommeil bien mouvementé, comme d'habitude. Je me demande si un jour, j'aurais le droit à un sommeil sans rêve, sans cauchemar. Non. Ca n'arrivera pas.

    Car je suis condamnée à revivre ma douloureuse vie chaque nuit, contre mon gré.


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